Réseaux sociaux : Facebook devient un enjeu de communication politique

  • Source: : Seneweb.com | Le 14 février, 2017 à 15:02:24 | Lu 3026 fois | 1 Commentaires
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Réseaux sociaux : Facebook devient un enjeu de communication politique

La définition officielle : Facebook est un réseau social en ligne qui permet à ses utilisateurs de publier des images, des photos, des vidéos, des fichiers et documents, d'échanger des messages, de joindre et créer des groupes et d'utiliser une variété d'applications. Deuxième site web le plus visité au monde après Google, selon Alexa, il comptait, en décembre 2015, 1,04 milliard d'utilisateurs actifs quotidiens sur un total de 1,59 milliard d'utilisateurs actifs mensuels. Au Sénégal, ce réseau est devenu une attraction et est au cœur de nombreux enjeux de société. Les hommes politiques l’ont si bien compris qu’ils y sont omniprésents. Mais Facebook est-il réellement efficace pour attirer les foules ?

Les tumultes sur l’asphalte et la poussière des rues d’après-manif se dissipent peu à peu pour laisser émerger le cliquetisdes touches des claviers. La protestation virtuelle, plus durable que l’engagement physique des manifestants, a pris désormais place sur la société sénégalaise qui a accès à l’internet. Le post peut avoir valeur d’appel au rassemblement, plus ou mieux que les éternels haut-parleurs installés sur des voitures ou, plus modernes, les gros baffles montés sur des camions, repoussant les limites des décibels autorisés à l’oreille humaine, hurlant aux passants les mérites du candidat sur fond d’un tube en vogue et trémoussements de guignols danseurs. Les temps ont changé. A côté des méthodes de propagande classiques –surtout axées sur le bruit, la clameur-,la présence sur les réseaux sociaux est l’un des nouveaux tableaux de bord des politiques, conscients qu’ils sont que Facebook, pour prendre cet exemple, devient de moins en ludique (sauf dans son versant sexo-mafieux) pour se transformer d’abord et avant tout en média. Et il coûte moins cher que les camions et sonos à louer, les troubadours, les gros bras et militants à entretenir en espèces sonnantes et trébuchantes. Ils savent aussi que de plus en plus de gens s’informent maintenant principalement à partir de FB.

La diffusion de la « consigne », de la nouvelle d’un nouveau positionnement, des images du meeting du rival qui s’est terminé avec l’exfiltration du politicien-organisateur, dans une ambiance de gaz lacrymogènes, alors que l’autre a réussi le sien, toutes ces catégories d’images et de sons publiés sur Facebookont un impact certain sur le moral des uns et des autres. La publicité d’un évènement politique sur le réseau social est d’une telle célérité que les tracs sont devenus reliques. Plusieurs fondamentaux de l’expression populaire, surtout urbaines,sont ébranlés dans leurs fondamentaux : banderoles, tags, dazibaos,affiches…

Mémoire virtuelle
Macky Sall FacebookLe président Macky Sall est, lui aussi, acquis à l’idée que les réseaux sociaux lui permettent de « partager » avec ses concitoyens. Sur YouTube, on peut le voir jouer au foot sur la plage de sa résidence secondaire de Popenguine ou commenter et encourager à la mi-temps (dans la soirée du dimanche 5 janvier) les Lions du foot qui s’activaient pour confirmer leur future victoire (2-0) contre la Tunisie pour leur entrée en matière dans la plus prestigieuse compétition africaine. L’effet a été positif.

Quand, jeunes étudiants à Harvard, Marck Zuckerberget ses camarades étudiants de l'université Harvard, Eduardo Saverin, Dustin Moskovitz et Chris Hughes lançaient cet original réseau, ils ne s’imaginaient naturellement pas qu’ils allaient changer jusqu’à nos canaux traditionnels de communication. Le « bébé » vient juste de fêter ses 12 ans, et il ne s’est jamais porté aussi bien. A la tête de la plus grande fortune mondiale, Zuckerberg (sixième fortune mondiale à 32 ans) semble garder les pieds sur terre et la tête sur les épaules. L’homme aux éternels sweet-shirts à capuche a été signataire du fameux « Giving pledge » initié par les multimilliardaires Billes et Gates a donné en 2014 18 millions d’action Facebook à des œuvres de charité pour un montant de 485 milliards F CFA. En tout cas, ce n’est pas altruisme que les politiques arrosent leurs « amis » sur le réseau de leurs activités et posts.

Figées dans les mémoires virtuelles, les protestations ou approbations « électroniques » circulent mieux et plus vite, atteignent leurs cibles avec plus de précision, sans dégradation d’aucun espace sinon celui cognitif, bref l’antipode des gaz lacrymogènes, des courses-poursuites dans les rues, des voix cassées et des muscles endoloris. Maintenant, c’est le temps des « casseurs » soft…

Mais la technologie aura beau évoluer, l’action politique sera illustrée par la présence dans la rue des acteurs, et cela pour des années encore. Il est impossible, par exemple, de « tuer » la symbolique autour de la marche annuelle des travailleurs le 1er mai. Illusoire sans doute serait le scénario qui verrait les secrétaires généraux de syndicaux remettre leurs cahiers de doléances par…mail. Il y a toujours l’impact de la présence physique dans l’appréciation que les acteurs se font d’une situation. La poignée de mains, l’échange verbal, les ambiances entretenues par les déploiements humains ont toujours fait l’Histoire. Ce n’est pas pour rien que les capitulations se font toujours en présence des vainqueurs et des vaincus. L’attrait physique, le toucher ; c’est comme le fameux rapport du lecteur à son journal dont la possession, l’entretien, le feuilletage des pages produisent une accoutumance qui le rassure sur son appartenance au groupe. La communication par Facebook est efficace et peu très vite placer une affaire au cœur de l’actualité. Le maire (Pds) de Yeumbeul Bara Gaye réussit à faire de la condamnation à mort en Arabie saoudite d’une de ses anciennes administrées, émigrée dans ce pays, une affaire nationale après un poignant plaidoyer posté sur Fb.

Si Twitter est pratique (aller à l’essentiel comme), Facebook est par contre l’univers de tous les possibles. Les politiques utilisent en général Twitter et Facebook ; cela dépend du type de message à faire passer. D’ailleurs, le Dg de Facebook,en avril–dans le magazine français « Capital », expliquait la différence de son réseau à Twitter : « Le flux est éphémère. On poste quelque chose dans le flux, il y restera quelques heures, un certain nombre de gens pourront le lire, puis pour ainsi dire il disparaît », attaque Zuckerberg. « Quant aux services qui consomment ce flux, ils n’établissent pas réellement de connexion entre vous et, ils ne comprennent pas réellement la relation sémantique qui existe entre vous et la connexion que vous avez établie », ajoutait-il.

Facebook fait également bouger « l’administration » des partis politiques. Sauf au moment des campagnes électorales, les partis politiques sont le plus souvent confinés dans les salles des bureaux politiques et comités directeurs. Les communiqués de presse assurant la transmission au grand public.La plupart des « grands » leaders politiques se font un point d’honneur à animer une page ; très souvent, un fidèle est d’ailleurs dédié à cette tâche. Le combat politique se poursuit aussi sur Facebook.

Indice de popularité
Le nombre d’amis est pour certains un baromètre fiable de popularité. Devant la démultiplication de pages piratées ou présentées comme celles de personnalités avec nom et photo de profil, combien d’arnaques, combien d’amalgames ? Aussi, la plupart des leaders précisent le terme « officielle » à leur page pour explique que « c’est la bonne ».

Mais l’invention de Marck Zuckerberg peut-elle, réellement faire changer d’opinion politique ? Sur numera.com, on explique que « l’efficacité théorique d’un message politique sur Facebook qui émettrait une note discordante à ce que l’on croit être juste est très vite contrée par la bulle médiatique, de fait orientée, qui existe autour de la plupart des personnes ». Les hommes s’intéressent aux médias qui leur disent ce qu’ils veulent entendre. Beaucoup estiment par ailleurs que la communication visuelle classique à de belles campagnes électorales devant elle. Mais pour l’instant, c’est Facebook qui est à la page.

HAMADOU TIDIANE SY, specialiste des medias sociaux : « On ne remplacera pas de sitôt la règle de la proximité et du contact humain ! »
Hamadou Tidiane SyHamadou Tidiane Sy, journaliste de formation, est le directeur général de l’Ecole supérieure de journalisme, des métiers de l’internet et de la communication (Ejicom) à Dakar. Lui-même très présent sur les réseaux sociaux, il s’est spécialisé sur leur impact dans nos sociétés et surtout les mutations que Facebook impose au journalisme « classique ».

De plus en plus, les alertes et « manifestations virtuelles » prennent le pas sur les affichages et les manifestations, quelle est la meilleure des deux méthodes si l’objectif est de se faire entendre et de créer une réalité politique ?
Je crois que les deux se complètent. Dans un sens, on utilise les réseaux sociaux pour mobiliser ses militants, dans l'espoir de les voir sur le terrain. Et dans l'autre sens, on relaie sur les réseaux sociaux les manifestations pour en élargir l'impact. Et pour une longue période encore les deux vont coexister. Je ne poserai pas le débat en des termes antinomiques, mais plutôt en termes de complémentarité. Ce qui relègue à l'arrière-plan la question de savoir laquelle des méthodes est "meilleure", car c'est difficile à trancher. Pour moi, il ne s'agit pas d'adopter l'une au détriment de l'autre. Mais en fonction de ses objectifs et de sa cible, en un instant T, une organisation politique peut déterminer ses choix pour l'une ou l'autre. Et il est rare que l'une exclue l'autre. Les organisations politiques qui se respectent et qui ont les ressources investissent aussi bien le champ du réel que celui du virtuel. Cela dit, les manifestations de rue, je crois, sont et seront toujours là. Il ne faut pas se tromper. Pour nous qui sommes en ville et qui sommes très présentssur les réseaux sociaux et surtout surexposés à ces plateformes, nous avons tendance à leur donner une importance qui dépasse de loin leur portée réelle. On peut avoir l'impression que tout s'y passe ou que tout y est relayé. Cela peut relever du mirage ou de l'illusion d'optique, si l’on peut utiliser cette expression. Attendons l'approche des élections avant d'analyser les différentes démarches et de sortir des conclusions définitives.

Qu’est-ce qui explique la prééminence de plus en plus pressante des médias sociaux dans la communication politique ?
Deux observations : la première, depuis qu'Obama a réussi à se faire élire en 2008, utilisant énormément, mais avec beaucoup d'intelligence, les réseaux sociaux, une grande majorité d'organisations et d'hommes politiques s'y sont aussi mis, en se disant que ce sont là les outils du futur pour gagner une élection. Par ailleurs, la montée en puissance de ce "créneau", si on peut l'appeler ainsi, est une réalité incontournable. Les réseaux sociaux ont envahi nos vies et presque tout s'y passe. Pour atteindre aujourd'hui la frange des jeunes en milieu urbain, constamment connectés à l'internet, il n'y a pas meilleur outil que les réseaux et médias sociaux... Enfin, cela peut paraître accessoire à certains, mais reste quand même déterminant : en termes de coûts, si on fait le rapport "impact/prix", l'avantage comparatif de ces outils est énorme. On parle de coûts dérisoires pour toucher des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes ou plus. Reste à en mesurer l'efficacité, ce qui demande des recherches poussées.

DR. MAMADOU DIOUMA DIALLO, ENSEIGNANT-CHERCHEUR à L’UGB : « Il est important pour nos hommes politiques d’avoir une présence active sur les réseaux sociaux »
Mamadou Diouma DialloDepuis quelques années, les hommes politiques sénégalais se sont mis à l’heure des médias sociaux. Selon le docteur Mamadou Diouma Diallo, Chef de la section Communication de l’Ufr Civilisations, Religions, Arts et Communication (Crac) de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, ces espaces sont devenus des lieux où se développent de plus en plus de stratégies de mise en visibilité, de développement et de renforcement du capital socio-affectif des acteurs politiques. Pour cet enseignant-chercheur associé au laboratoire Information Milieux Médias Médiations (I3M) de Nice, nos hommes politiques ont tout intérêt à avoir une présence active sur les réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux sont devenus, depuis quelques années, une arène où les hommes politiques sont de plus en plus présents. Beaucoup d’entre eux ont franchi le Rubicon et ont une page Facebook, tweeter, etc. Y a-t-il un intérêt pour eux d’être présents sur le web ?
Absolument ! Les réseaux sont des espaces de socialisation où se jouent des enjeux hautement politiques. Si la communication politique, au sens instrumental du terme, peut se résumer au triptyque : faire connaître (rendre visible), faire aimer (rendre sympathique), faire agir (amener les populations à adhérer et voter pour le parti), il convient de souligner que les réseaux sociaux sont devenus des lieux où se développent de plus en plus de stratégies de mise en visibilité, de développement et de renforcement du capital socio-affectif des acteurs politiques. La communication politique, tout en veillant à travailler l’image de ces derniers dans ces espaces de socialisation, se révèle également être de plus en plus un outil de conquête et de légitimation du pouvoir.

Est-il très pertinent dans un pays comme le Sénégal de s’engager sur les réseaux sociaux en politique ?
Je pense qu’il est important pour nos hommes politiques d’avoir une présence active sur les réseaux sociaux. Ne pas y être, c’est prendre le risque de ne pas toucher une frange importante de la population sénégalaise. En effet, les jeunes y sont massivement présents et y passent beaucoup de temps. Évidemment, il ne s’agit pas seulement de créer un compte, mais plus fondamentalement de définir une véritable stratégie digitale basée sur une connaissance certaine des codes et rituels qui régissent ces univers. Les réseaux sociaux sont des lieux de prise de parole et des canaux privilégiés de communication. Ce sont des espaces du « dire », en plus d’être des espaces de socialisation.

La sphère politique au Sénégal n’a-t-elle pas mis du temps à comprendre l’impact et l’utilité des réseaux sociaux ?
Je le pense aussi, même si l’on peut trouver des raisons qui expliquent l’adoption tardive, par nos hommes politiques, des réseaux sociaux. Maintenant, ils ont compris que la forte présence des citoyens sur les médias sociaux en fait des lieux indiqués de socialisation indissociables de l’agir politique.

Les réseaux sociaux et les hommes politiques font-ils bon ménage ?
C’est une question qui ne fait pas appel à une réponse fermée du type « oui » ou « Non ». Je pense que nous pouvons citer des exemples de réussite comme Barack Obama, mais également des échecs découlant d’une mauvaise approche dans la communication dans ces espaces où tout simplement d’une difficile (re) conquête d’un public qui s’est déjà fait une opinion sur un candidat. Ce qu’il faut dire avec force, c’est que les réseaux sociaux ne sont ni plus ni moins que des canaux de communication comme les autres médias et ne peuvent donc nullement, dans l’absolu, changer des perceptions ou des opinions tenaces.

Les réseaux sociaux peuvent-ils donner des ailes à la participation politique ?
Ce qui fait la particularité des réseaux sociaux, c’est qu’ils appartiennent à la palette des outils qui ont l’étiquette Web 2.0. Ce dernier se caractérise avant tout par la dynamique participative qu’il permet d’instaurer dans les espaces de publication et d’échanges. En instaurant une relation de proximité plus soutenue avec les citoyens, les réseaux sociaux peuvent potentiellement impulser des formes de participations citoyenne ou politique que certains appellent « connectives actions » par opposition au « collective action ».

Si les réseaux sociaux permettent souvent aux hommes politiques d’être plus proches de leur électorat, de diffuser des messages, d’avoir une large audience et même de convaincre de futurs électeurs, n’exposent-ils pas les hommes politiques ?
Incontestablement, communiquer dans les réseaux sociaux, c’est s’exposer. La configuration communicationnelle place le politique et le citoyen au même niveau. Toute personne qui le souhaite peut intervenir pour remettre en cause la parole de l’homme politique. Ce dernier perd le monopole du pouvoir de dire et expose sa parole à la critique publique. La communication n’est pas de nature « Top down » et offre peu de marge à la maîtrise de son public. En ce sens, les réseaux sociaux exposent fortement les hommes politiques.

Les comptes sont souvent alimentés par d’autres personnes. N’y a-t-il pas là une forme d’arnaque, de trahison ?
Je ne le pense pas. Je ne trouve aucun inconvénient à ce que le compte d’une personnalité soit géré par une personne responsable et bien formée. Quand les hommes politiques sont à des postes de responsabilité, ils n’ont pas souvent le temps de gérer leur communication et répondre efficacement aux exigences du poste. C’est donc tout à fait normal qu’il délègue cette tâche à des personnes ressources et de confiance pour gérer ce volet de la publication et de l’animation des communautés en ligne appelé aussi community management. Cela dit, il y a toujours des hommes politiques qui gèrent personnellement leurs publications dans les médias. C’est une très bonne chose à encourager, car la relation et les interactions avec la communauté deviennent authentiques et sans filtres.

Les contenus du post peuvent susciter un grand buzz, mais aussi un effet contraire. Cette stratégie n’est-elle pas une arme à double tranchant ?
La publication est inhérente à toute stratégie de présence digitale. Si l’espace public est le lieu de la praxis, dans son versant politique, il est aussi le lieu de la lexis. En effet, dans le domaine politique, la communication par les actes a très peu de résonance : Il faut « bien faire et bien le faire savoir » et justement les médias sociaux sont des lieux de mise en visibilité et de valorisation de l’action et cela passe nécessairement par la recherche du buzz qui n’est rien d’autre qu’une forte résonance d’une action dans le web.

Y a-t-il des limites dans l’utilisation des médias sociaux ?
Bien sûr, comme pour tous les autres médias. La principale limite, à mon avis, c’est qu’une bonne partie de la population sénégalaise, en raison de la fracture numérique aussi bien endogène qu’exogène, n’y est pas présente. C’est une limite objective qui mérite d’être prise en compte. Il faut aussi souligner, par ailleurs, que le média internet et singulièrement les réseaux sociaux se prêtent difficilement à des logiques de communication d’influence.

Les réseaux sociaux ont-ils un avenir durable pour la politique et nos hommes politiques ?
Je le pense foncièrement. Nous assistons à des dynamiques de décomposition et de recomposition du champ politique classique offrant une configuration qui met davantage la focale sur l’agir stratégique et plus singulièrement sur le marketing politique. A l’évidence, les médias sociaux changent notre rapport à la politique et par conséquent aux acteurs du champ. L’influence grandissante du marketing politique dans ces médias sociaux est révélatrice non d’une tendance, mais d’un prolongement de la communication politique sur d’autres espaces qui se caractérisent avant tout par leurs dimensions sociales et leurs singularités dans les pratiques de communication.

RENE-PIERRE YEHOUME CADRE APR DE DAKAR-PLATEAU : « Les réseaux sociaux seront un grand outil de management des foules »
René Pierre YéhoumeCadre Apr et responsable à Dakar-Plateau, René-Pierre Yéhoume est omniprésent sur les réseaux sociaux ? Il estime que le réseau social à lui seul ne peut optimiser le discours politique.

« Depuis son élection en 2012, le président de la République ne cesse d'insister sur l'importance que revêt la communication pour lui », attaque d’emblée René-Pierre Yéhoume, un jeune cadre de l’Apr et « Facebook acteur » réputé. « S’agissant précisément des réseaux sociaux, il faut dire aussi que cette forme de communication est indispensable. Mais elle n’est jamais suffisante et il faut y ajouter d’autres paramètres pour s'entourer des meilleures garanties d'être compris, pour convaincre », soutient René-Pierre Yéhoume, responsable Apr au plateau, à Dakar. Selon lui, les affiches sont une forme de communication directe mais « « brutale » ; il estime que « c’est toujours la forme de communication la plus pertinente et l’utilisation de l’affichage avec des images spécifiques pousse les gens à s'intéresser d’abord à ce qu'ils voient ».

Le chef de cabinet du secrétaire d’Etat du Pudc (Programme d’urgence de développement communautaire) pense, toutefois, qu'il ne faut pas sous-estimer le Web car son extension et sa croissance sont rapides ; « Au départ, si je ne m'abuse, la fracture numérique était définie comme liée aux inégalités d’accès à l'outil informatique. L’outil informatique est devenu abordable pour le plus grand nombre, ainsi que l’accès à internet. On arrive même à faire avec un simple téléphone des choses qu’on ne pensait jamais faire il y a quatre ans. Même si certains n'ont pas accès au web mais son extension et sa croissance sont rapide », explique-t-il.

Pour René-Pierre Yéhoume, « la fracture numérique serait donc, aujourd’hui, une fracture sociale, non dans le sens que lui a donné, en son temps, un candidat à la présidence, mais dans la mesure où elle concerne la capacité à s’impliquer dans des dynamiques sociales au sens anglais du terme, suivant la logique des réseaux du même nom ». D'ici quelques années, les réseaux sociaux seront un grand outil de management des foules en Afrique et plus particulièrement au Sénégal, surtout avec les projets du chef de l'État Macky Sall. Notre interlocuteur souligne également que notre pays abrite, à Dakar, le siège pour l’Afrique de l’ouest du Groupe Atos, qui vient d’acquérir des sociétés informatiques de renommées internationales. Pour lui, cette présence accélérera l’offre technologique et, partant, le nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux.

Et dans le processus de mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse), « le numérique jouera un rôle important comme facteur essentiel de démultiplication des gains de productivité et d’amélioration de la compétitivité », dit-il.

« Aujourd’hui, plus que jamais, pour tenir la promesse de développement d’une nouvelle ère numérique, nous devons maintenir les avantages comparatifs de nos infrastructures de télécommunications et effectuer des investissements en faveur de la structuration d’écosystèmes du numérique », insiste M. Yehoume.

Dossier réalisé par Samboudian KAMARA et Samba Oumar FALL 

 
 

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